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Corentin

Je m'appelle Corentin et j'écoute en boucles les trois mêmes artistes. Help me get out of here.

10 Tracks
My tracks...
Sample and Hold
Neil Young

Dernièrement j'ai encore eu plein de chansons des Beatles en tête, mais pour changer un peu, je m'arrête sur ce titre de Neil Young, que j'écoutais ce matin.

Même à son plus prévisible, Neil Young a quand même une carrière pas évidente à suivre, passant de la douceur folk teintée de country au rock sale proto-grunge. Tantôt en solo, tantôt en tant que leader avec le Crazy Horse, tandis au sein du collectif CSNY, et plus récemment avec n'importe quel groupe qui passe. Et puis, évidemment, à ses débuts, en tant que guitariste de Buffalo Springfield.

Et puis dans tout ça, il y a les indéchiffrables années 1980, tout ce qu'il s'est passé après le double-album semi-live Rust Never Sleeps en 1979 et avant la résurrection commerciale de Freedom en 1989. Au sein de cette décennie, il y a fait, dans le désordre 1/ les fonds de tiroir ; 2/ des chansons réac ; 3/ de la country pure et dure ; 4/ du doo-wop ; 5/ un album de cuivres ; 6/ un album de synthé ; 7/ une reformation sans intérêt de CSNY ; 8/ et un disque qui n'avait rien de spécial (à part sa prod hyper eighties) sinon qu'il est considéré comme le pire de sa carrière - on parle de Landing on Water.

Au milieu de tout ça surnagent Re-ac-tor, la face A de Hawks & Doves et, donc, un fan favourite, Trans. Pourtant chanté essentiellement au vocoder. Je vous laisse juge.

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Break Into Your Heart
Iggy Pop

La carrière discographique d'Iggy Pop est un roller coaster dont il n'y a pas toujours grand-chose à sauver - en tout cas, rarement des albums entiers.

Dans les années 2000-2010 il l'a d'ailleurs quasiment mise entre parenthèses, lancé de toute façon dans une interminable tournée avec les Stooges reformés, relevant les compteurs sur les scènes du monde entier histoire de récolter, enfin, les honneurs qu'on leur avait refusés à la fin des années 60/début 70.

A cette époque, outre des disques oubliables avec les Stooges, Iggy n'enregistre plus que le temps d'une paire d'albums de "chansons" un peu fauchés - de chansons au sens le plus strict du terme, au sens français (il y chante d'ailleurs parfois dans la langue de Bernie Bonvoisin). Plus tard, un peu sur le modèle du Blackstar de Bowie, il tentera aussi son album jazzy, Free.

Et puis, au milieu de tout ça, une incongruité : un album rock, le premier qu'il enregistre en solo depuis 2001 (et, jusqu'en 2023, le seul). C'était il y a 10 ans, et c'est Post Pop Depression.

Enfin, en solo, il faut le dire vite. Le projet est en réalité piloté par Josh Homme, décidé à convoquer l'esprit des collaborations berlinoises d'Iggy et Bowie, à la fin des années 1970. Ca tombe bien, Iggy sur disque n'est jamais aussi bon (voire bon tout court) qu'en binôme, que ce soit avec Ron Asheton période Stooges, avec James Williamson après ça, avec Bowie bien sûr...

Résultat, ce disque, sur lequel on retrouve également Dean Fertita (clavier pour QOTSA) et Matt Helders (batteur pour les Arctic Monkeys), est musicalement le plus solide d'Iggy depuis des décennies. Je ne suis pas persuadé qu'il y reste grand-chose de l'esprit berlinois que Josh Homme espérait approcher, mais on y entend beaucoup de la patte du Californien, dont j'adore toute l'oeuvre, donc qui serais-je pour m'en plaindre.

L'album a donné lieu à une petite tournée d'une vingtaine de dates, avec la team ayant enregistré le disque + Troy Van Leeuwen (QOTSA lui aussi) + Matt Sweeney (putain, je sais pas si vous connaissez cette interview de Josh Homme par Sweeney, qui a par ailleurs un podcast sur la guitare, mais si vous la matez je vous préviens on va retrouver des amphétamines dans vos urines pendant des semaines), où furent jouer l'album mais aussi pas mal des titres berlinois d'Iggy. Entre temps, Bowie était mort, la fête prenant du coup des allures d'hommage.

La dernière date était à Paris - j'y étais - mais deux jours avant la performance au Royal Albert Hall a été captée en vidéo.

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Art of Dying
George Harrison

Ca ne vous aura peut-être pas échappé, mais comme six mois par an, je suis dans une grosse période Beatles. Au point que je me suis même risqué sur All Things Must Pass, le monumental premier album post-Beatles de George Harrison, réputé le meilleur album solo d'un membre du groupe (#TeamRam désolé), mais dont la production de Phil Spector m'a toujours rebuté.

J'ai appris l'autre jour que le remaster de 2020 gommait la plupart des scories spectoriennes. Il faut avouer que ça fait du bien, l'album respire à nouveau, et Art of Dying tabasse toujours autant.

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Woman
John Lennon

Tous les jours, j'ai une chanson bloquée dans la tête. Parfois, la même pendant plusieurs jours d'affilée. Ce matin : rien. La matinée avance : toujours rien. Il y a bien de la musique de fond qui joue dans la radio de mon hypothalamus, mais pas un morceau précis, ou alors pas longtemps - y'avait de la friture sur la ligne.

Du coup j'étais emmerdé, je savais pas trop quoi poster ici.

Et soudain, en fin de matinée, j'ai dû bouger l'antenne sans faire exprès, je me suis mis à capter un signal. Je ne suis pas allé chercher très loin, puisque c'est la chanson "Woman" de John Lennon, toujours sur le même album Double Fantasy que raconté hier, qui m'obnubile désormais depuis 2 ou 3 heures.

"Ouhhhhh ou-ou-ouuuh... Well, well... Tutudu-tutuuuuu !"

Morceau assez pénible du reste.

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(Just Like) Starting Over
John Lennon

Je suis retombé sur cette anecdote sur Reddit l'autre jour, à propos de Double Fantasy, l'album de John Lennon et Yoko Ono sorti fin 1980. Depuis, j'ai son morceau d'ouverture en tête.

Dans "(Just Like) Starting Over", John raconte donc son "nouveau départ" amoureux avec Yoko - les deux siamois ayant fameusement fait un long break quelques années plus tôt. Evidemment, on doit aussi comprendre qu'il s'agit d'un nouveau départ artistique, l'ironie étant qu'il se matérialise sous la forme d'un titre ultra-rétro plein de "wa-waaaa" et où il chante comme Elvis. Forcément, ça ne fait pas très moderne (Ottawan règne alors sur les charts avec D.I.S.C.O), la critique déteste, l'album fait un four.

Trois semaines plus tard, le nouveau départ prend des allures de sortie de route, quand un certain Mark Chapman demande à Lennon de bien vouloir lui signer son exemplaire de Double Fantasy avant de le gratifier de quatre balles dans le dos. Soudain, l'album devient culte.

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Hey Bulldog
Fanny

Ca va faire une semaine que j'ai Savoy Truffle des Beatles en tête 12 heures sur 24, JPP, il est temps qu'un earworm en chasse un autre, je sors donc l'artillerie lourde : cette reprise, des Beatles (forcément), par le groupe américain Fanny.

Turnin' On The Screw
Queens Of The Stone Age

C'est un des avantages du vinyle, ou du CD, ou même de la cassette si c'est votre truc, bref, de l'objet : en rangeant mon exemplaire d'Era Vulgaris qui trainait depuis 15 jours, la musique de la première track s'est échappée des sillons pour me pénétrer les synapses et ne plus s'en déloger de la matinée, sans même avoir à passer pas la platine. Magique non ?

Era Vulgaris qui, par ailleurs, est sans doute, avec Like Clockwork et évidemment Songs for the Deaf, mon album de QOTSA préféré. Sans doute considéré comme l'un des disques les plus mineurs du groupe, mais je ne sais pas s'ils ont déjà fait pop plus véneuse que celle-ci.

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Savoy Truffle
Dhani Harrison

Depuis ma première contribution ici, la seconde reste désespérément bloquée dans les brouillons, parce que je me prends beaucoup trop la tête à vouloir écrire un truc intéressant sur McCartney (dont le premier titre de son dernier disque m'a beaucoup travaillé).

Mais faisons fi de la pression, et passons directement la troisième, avec cette chanson de George Harrison au sein des Beatles qui m'obsède en ce moment, comme m'obsèdent souvent les deep cuts des Fab Four quand je finis par les mettre au jour. Il faut dire que le bougre est bien caché, en quatrième face d'un album (le Blanc) que j'écoute rarement jusqu'au bout.

Pour twister le bordel, voici une version live par... le fils Harrison.

What's That You're Doing
Paul McCartney

Ceux qui me connaissent (ou même ceux qui m'ont déjà suivi plus de 48h sur les réseaux sociaux) le savent, je n'écoute dans la vie que 4 ou 5 artistes. J'aime plein de choses, et je suis régulièrement surpris par la qualité de ce que j'écoute ailleurs, mais voilà : la musique, aussi aimable soit-elle, ne m'intéresse pas tant que le lore qui l'entoure. Ou plutôt, c'est la conjonction des deux qui m'obsède, quand la qualité et la richesse d'une oeuvre rencontre un destin, un personnage, une histoire. A l'heure où la musique s'écoute par extrait et où se fader un album de la première à la dernière piste semble être devenu depuis longtemps un plaisir d'esthète, j'admets m'envoyer, lors de mes sessions d'écoute, des discographies entières. Je ne sais pas ce que ça dit de moi, cette approche complétiste, exhaustive, cette façon de considérer qu'une oeuvre s'apprécie dans sa globalité, que chacune de ses facettes ne brille vraiment que lorsqu'on y aperçoit et apprécie les reflets des facettes voisines... Mais voilà, c'est comme ça que je marche, mes p'tits potes.

En attendant, l'objet de mon affection est ces temps-ci Paul McCartney, celui d'après 1969, celui en solo ou avec Wings. Son album Tug of War, a été mon premier album solo de Macca, alors que j'étais encore étudiant. La pochette ne me disait rien, je n'en connaissais aucun morceau - j'avais dû le trouver à 5 balles en brocante j'imagine. C'est même, en réalité, un de mes tous premiers vinyles. En vrai, 20 ans plus tard, je l'ai peu écouté, parce que le McCartney des années 80 (et d'une bonne partie des années 90), je le tiens quand même souvent à distance raisonnable, d'autant que dans mon esprit c'est un peu le même disque que Pipes of Peace (je me demande s'ils ont été enregistrés lors des mêmes séances, ou un truc du genre), qui lui, je le sais, n'est pas ouf...

Bref, ce soir j'avais envie d'un McCartney un peu canaille, d'un truc un peu aventureux, du coup je l'ai lancé sur Qobuz et non seulement le disque est solide, la production pas du tout datée, mais en plus, je viens de me souvenir que c'est là-dessus qu'on trouve What’s That You’re Doing??? Un duo Macca/Stevie Wonder beaucoup moins connu Ebony and Ivory (aussi sur ce disque) et pourtant... tellement plus cool, avec son groove electro-funk aussi minimaliste que féroce.

Fun fact absolument hilarant : je découvre en écrivant ça je le découvre, que le "she loves you yeah yeah yeah" de Stevie Wonder à la fin est un clin d'oeil à Lennon, assassiné pendant l'enregistrement du disque.

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