June 30, 2026
La carrière discographique d'Iggy Pop est un roller coaster dont il n'y a pas toujours grand-chose à sauver - en tout cas, rarement des albums entiers.
Dans les années 2000-2010 il l'a d'ailleurs quasiment mise entre parenthèses, lancé de toute façon dans une interminable tournée avec les Stooges reformés, relevant les compteurs sur les scènes du monde entier histoire de récolter, enfin, les honneurs qu'on leur avait refusés à la fin des années 60/début 70.
A cette époque, outre des disques oubliables avec les Stooges, Iggy n'enregistre plus que le temps d'une paire d'albums de "chansons" un peu fauchés - de chansons au sens le plus strict du terme, au sens français (il y chante d'ailleurs parfois dans la langue de Bernie Bonvoisin). Plus tard, un peu sur le modèle du Blackstar de Bowie, il tentera aussi son album jazzy, Free.
Et puis, au milieu de tout ça, une incongruité : un album rock, le premier qu'il enregistre en solo depuis 2001 (et, jusqu'en 2023, le seul). C'était il y a 10 ans, et c'est Post Pop Depression.
Enfin, en solo, il faut le dire vite. Le projet est en réalité piloté par Josh Homme, décidé à convoquer l'esprit des collaborations berlinoises d'Iggy et Bowie, à la fin des années 1970. Ca tombe bien, Iggy sur disque n'est jamais aussi bon (voire bon tout court) qu'en binôme, que ce soit avec Ron Asheton période Stooges, avec James Williamson après ça, avec Bowie bien sûr...
Résultat, ce disque, sur lequel on retrouve également Dean Fertita (clavier pour QOTSA) et Matt Helders (batteur pour les Arctic Monkeys), est musicalement le plus solide d'Iggy depuis des décennies. Je ne suis pas persuadé qu'il y reste grand-chose de l'esprit berlinois que Josh Homme espérait approcher, mais on y entend beaucoup de la patte du Californien, dont j'adore toute l'oeuvre, donc qui serais-je pour m'en plaindre.
L'album a donné lieu à une petite tournée d'une vingtaine de dates, avec la team ayant enregistré le disque + Troy Van Leeuwen (QOTSA lui aussi) + Matt Sweeney (putain, je sais pas si vous connaissez cette interview de Josh Homme par Sweeney, qui a par ailleurs un podcast sur la guitare, mais si vous la matez je vous préviens on va retrouver des amphétamines dans vos urines pendant des semaines), où furent jouer l'album mais aussi pas mal des titres berlinois d'Iggy. Entre temps, Bowie était mort, la fête prenant du coup des allures d'hommage.
La dernière date était à Paris - j'y étais - mais deux jours avant la performance au Royal Albert Hall a été captée en vidéo.
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